Mercator en quelques dates clefs
[1995] Initiatives
C'est le 26 juin 1995, à La Chapelle Aubareil, dans le Périgord, à l'initiative de Michel Lefebvre et de Jean-François Minster, qu'une trentaine d'océanographes rassemblent les pièces du puzzle : un océan sous observation continue des satellites altimétriques Topex/Poseidon et ERS, des équipes de recherche à la pointe en matière de modélisation et d'assimilation, des premières maquettes de systèmes de prévision, une mosaïque de compétences au sein des organismes publics français (Cnes, CNRS, Ifremer, IRD, Météo-France, Shom), … et une ambition commune jusque là inaccessible : décrire et prévoir l'océan de façon opérationnelle, comme la météo décrit l'atmosphère. |
![]() La Chapelle Aubareil, le 26 juin 1995
Crédit : Agence DAG |
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Le pari est pris le 26 juin 1995. La Chapelle Aubareil fixe des objectifs, établit un calendrier, imagine un projet, les directions d'organismes se l'approprient, le décident ; on le baptise : il s'appellera " Mercator ", en hommage au cartographe flamand qui mit le monde en cartes, établit l'un des premiers atlas et nous légua l'une des projections les plus utilisées aujourd'hui par les océanographes. |
[1997-1998] Mondialisation
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Dès 1997, l'ambition se déploie au niveau international avec l'expérience Godae (Global Ocean Data Assimilation Experiment), sous l'égide de l'Unesco, première expérience d'océanographie opérationnelle intégrée au niveau mondial. Dans la conception même de l'expérience Godae, Mercator sert d'exemple. Il en devient la composante française et inscrit définitivement dans ses gènes sa vocation internationale. |
Les satellites montrent le chemin. Dès 1998, les cartes de la topographie des océans tracées par Topex/Poséidon et ERS (projet Ssalto/Duacs) sont pour la première fois élaborées et diffusées en temps réel : les grands courants océaniques s'animent en direct sous nos yeux. L'océan profond, qui ne peut s'observer qu'in situ, prend le relais suivant avec le programme international Argo et sa composante française Coriolis. Le déploiement de 3000 flotteurs à travers l'océan global est entrepris (près de 2500 sont déjà déployés fin avril 2006) pour apporter aux modèles les indispensables mesures verticales de température et salinité, entre 0 et 2000 m de profondeur. |
![]() Déploiement des flotteurs Argo au 10 mai 2006
Crédit : Coriolis |
[1999-2000] Feuille de route
![]() Du bassin océanique à l'océan global
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En 1999, la feuille de route d'une véritable conquête numérique des océans est tracée. Elle donne un rythme au déploiement du système : trois étapes, trois prototypes d'une complexité croissante. Le cœur du système Mercator qu'il s'agit de déployer est constitué d'un modèle physique de l'océan capable de simuler l'état thermodynamique de l'océan (température, salinité, courants, …) et qui prend en compte en temps réel les mesures fournies par les satellites (ex : hauteur de mer) ou les instruments en mer (ex : température profonde). Le premier prototype simule l'Atlantique Nord et équatorial (jusqu'à 20° Sud) à moyenne résolution (1/3°, soit 35 kilomètres à l'équateur, ou 25 kilomètres dans le Golfe de Gascogne). Le deuxième prototype s'attaque à la haute résolution sur les mers européennes : son modèle décrit l'Atlantique Nord (jusqu'à 10° Nord) et la Méditerranée avec un maillage 5 fois plus fin (1/15°, soit 5-7 kilomètres). Il apportera en 2003 le grand réalisme des produits haute résolution. La troisième étape est toute entière tournée vers l'océan global, modélisé à partir de 2005 à la résolution du ¼° (soit 28 kilomètres à l'équateur). |
[17 janvier 2001] Premier bulletin
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Le 17 janvier 2001, le premier bulletin Mercator sort de la chaîne de production. L'idée d'une océanographie opérationnelle servant les utilisateurs en temps réel s'affiche au grand jour puisque ce bulletin est immédiatement publié en images sur Internet : 800 cartes par semaine décrivant de la surface au fond et avec 15 jours d'avance les courants, la température et la salinité de l'Atlantique Nord et équatorial. La revue " Science et Vie ", dans son numéro 1000 de janvier 2001, salue même cette entrée dans le 21ième siècle en classant Mercator parmi les projets les plus fous de la science d'aujourd'hui. Ce premier bulletin historique accroche une première série d'utilisateurs, au-delà des organismes fondateurs. Dès la première année, des demandes arrivent pour des utilisations dans les domaines de la recherche scientifique (océanographes, halieutes), de l'aide à la pêche, de l'éducation, de l'offshore, du suivi de pollution, de l'ingénierie maritime, du routage en mer ou de l'océanographie côtière. Le projet Mercator a atteint son premier objectif : la démonstration qu'une océanographie opérationnelle de prévision est possible. L'ambition de construire un centre de prévision océanique se précise et conduit à une nouvelle étape avec la mise en place d'une organisation adaptée et dédiée. |
![]() Premier bulletin de prévision océanique Mercator |
[2002] Le GIP Mercator Océan
En avril 2002, les six membres historiques Cnes, CNRS, IRD, Ifremer, Météo-France et Shom créent le Groupement d'Intérêt Public (GIP) Mercator Océan pour une durée de 4 ans. Le GIP a une mission claire : développer la capacité de description en routine de l'océan mondial à haute résolution, et préparer le futur Centre d'Océanographie Opérationnelle. Il optimise les moyens mobilisés jusque là d'une façon dispersée. Il est un interlocuteur unique et structurant pour les collaborations. Il offre un cadre de réflexion pour définir l'avenir. Il construit la transition entre la phase projet et un système pérenne.
[2003] L'offre
![]() Tourbillons et méandres du Gulf Stream
vus par la haute résolution Mercator (carte de température) |
Le premier anniversaire du GIP est marqué par la sortie du prototype haute résolution sur l'Atlantique Nord et la Méditerranée. La description hebdomadaire de l'océan au 1/15° (5-7 kilomètres) apporte la finesse attendue. Les représentations d'images animées de l'enroulement et du détachement des tourbillons du Gulf Stream, les cycles des upwellings (remontées d'eau froides le long des bords est des océans) des côtes africaines ou les échanges d'eaux méditerranéennes et atlantiques offrent une vision inédite de la dynamique océanique. |
L'année 2003 voit aussi le renforcement du service aux utilisateurs avec une offre de produits sur mesure, la promotion des produits numériques, la rédaction de guides d'utilisation. Cette information d'un nouveau type est diffusée via le site web, via également des publications régulières de l'équipe Mercator : la "Newsletter scientifique" trimestrielle vise une audience de spécialistes, tandis que la "Projection Mercator", publication semestrielle, est à destination de non spécialistes intéressés par les thématiques Mercator. Des abonnements aux actualités du projet sont proposés.
A ce jour, le périmètre des utilisateurs des systèmes Mercator s'étend bien au-delà des clients institutionnels que sont les six membres du GIP. Déclinaison des filières applicatives servies actuellement par les produits Mercator sur ce lien.
[2004] Année européenne
Avec le programme européen GMES (Global Monitoring for Environment and Security), l'Union Européenne (UE) et l'Agence Spatiale Européenne (ESA) entreprennent de doter l'Europe d'une capacité opérationnelle de surveillance de notre environnement. Mercator Océan est un acteur clé de cette océanographie opérationnelle européenne. | ![]() Crédit : NOAA
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[2005] L'océan mondial
![]() Le 14 octobre 2005, Marie Drévillon, de l'équipe "PSY3", tient entre ses mains le premier bulletin océanique global au 1/4° signé par M. Martin Malvy, Président du Conseil Régional Midi-Pyrénées, ainsi que par tous les représentants du GIP, présents pour l'occasion. |
Avec la mise en opérationnel du modèle global au ¼° le 14 octobre 2005 (couverture complète des océans à la résolution du ¼°, soit environ 28 kilomètres à l'équateur), la donne change. Mercator rejoint le club très fermé des quelques modèles mondiaux de prévision à de telles résolutions (il sera même celui à la résolution verticale la plus fine ainsi que le seul à prendre en compte la glace de mer aux deux pôles en 2006). L'événement est fêté au Conseil Régional Midi-Pyrénées, en présence du président du Conseil Régional, M. Martin Malvy, et des directeurs d'organismes membres du GIP Mercator-Océan A l'orée 2006, le Groupement d'Intérêt Public aura rempli sa mission : il aura amené le projet jusqu'à l'établissement d'un service structuré, couvrant l'ensemble des compétences, depuis la description réaliste et globale des bassins océaniques, jusqu'à la donnée transformée et fournie sous forme d'information dont les filières clientes ont besoin. |
[2006] et au-delà...
Au terme de son mandat, en avril 2006, le GIP aura tenu toutes ses promesses :
- des " chaînes de production " attestant de la maîtrise scientifique et technologique. Le prototype global au ¼° en représente l'aboutissement.
- un service aux utilisateurs permettant la diffusion des produits et le contact vers le public.
- la reconnaissance d'un service fiable par les différents acteurs nationaux institutionnels.
- un positionnement fort au niveau européen (Mersea) et international (Godae).
En chiffres, l'audience de Mercator se traduit aujourd'hui (chiffres mis à jour en mai 2006) par près de 80 équipes professionnelles utilisant ou ayant utilisé les produits numériques, 400 internautes consultant les cartes régionales temps réel publiées sur le web, plus de 600 abonnés aux actualités, autour de 10000 visiteurs par mois sur le site Internet.
La suite, Mercator Océan la prépare... Un futur centre opérationnel d'ambition européenne au service des acteurs institutionnels de surveillance et de protection de notre environnement, de la recherche scientifique, du secteur privé et de l'information du citoyen. Un changement dans la continuité avec, comme source d'énergie, le désir de poursuivre...








